TEQOYA
La girondine Teqoya a bâti son récit sur l’ionisation « sans ozone », le refus des filtres jetables et un ancrage industriel français — avec un débouché historique massivement asiatique et, depuis 2020, l’entrée d’Aldes au capital pour verrouiller le bâtiment.
À propos de TEQOYA
1. Modèle économique
Teqoya SAS (fiche d’immatriculation et agrégats partiels) exerce en France (siège à Villandraut, Gironde ; bureaux à Paris) une activité de fabrication et commercialisation d’équipements d’aéraulique et d’électronique grand public. Le chiffre d’affaires n’est pas public : les comptes sont déposés avec une déclaration de confidentialité au titre de l’article L. 232-25 du code de commerce. L’INSEE recense un effectif de l’ordre de 10 à 19 salariés (donnée 2022). Les comptes agrégés visibles indiquent un résultat net d’environ 22,6 k€ en 2024 après deux exercices déficitaires (2022–2023), avec des fonds propres d’environ 1,6 M€. Le groupe Aldes apparaît au registre des relations déclarées avec un lien d’actionnariat cohérent avec l’opération de prise de participation annoncée en 2020 (décryptage pro du bâtiment) : l’intégration de la technologie Teqoya dans l’offre Aldes ciblait dès 2021 les bâtiments résidentiels et tertiaires, alors que l’export — plus de 70 % du chiffre d’affaires, dont une part marquante en Chine — structurait déjà le profil PME. La distribution en ligne, notamment via les places de marché, complète le maillage. Aucun marché public direct n’est recensé dans la base Pappers consultée (les grands aménageurs agissent ici plutôt comme donneurs d’ordre via Aldes, par exemple SOLIDEO / Jeux 2024).
2. Impact réel
L’impact « climat » direct d’un purificateur tient surtout à l’empreinte d’usage (électricité) et aux consommables évités (pas de cartouches HEPA à renouveler sur les gammes ioniseurs), argument récurrent côté Teqoya. C’est un enjeu de santé environnementale (particules, aérosols) plus qu’un instrument de décarbonation au sens PPE : la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) fixe des trajectoires d’énergie et de climat ; la qualité de l’air intérieur s’inscrit plutôt dans le couple réglementation bâtiment / santé publique (débats OMS, vagues de mesure PM2,5) que Teqoya met en scène en citant les repères de l’OMS sur sa page JO. Sur le plan factuel, le co-fondateur rappelait en 2023 que les polluants gazeux (COV) ne sont en revanche quasiment pas traités par l’ionisation seule, ou très peu — la réduction porte d’abord sur les particules. C’est l’honnêteté technique qu’on attend d’un discours éco-responsable : pas de conflation entre « air sain » et « neutralité carbone ».
3. Innovations / partenariats
La R&D s’appuie sur l’ionisation haute tension sans ozone héritée d’un travail universitaire bordelais, puis sur l’e-filtration (ionisation + piégeage électrostatique) déployée sur des produits type Alana et, côté bâtiment, des entrées d’air filtrantes co-markées Aldes. Le cas d’usage Paris 2024 revendique l’équipement d’environ 1 500 logements du village des athlètes (prescriptions auprès de grands promoteurs) avec notamment les gammes EHT2/EFT2 en façade. L’annuaire des brevets listé côté Pappers montre un portefeuille actif autour de la filtration de particules et de dispositifs d’entrée d’air, aligné sur cette montée en gamme B2B2C. Aucun article dédié n’a été repéré, dans le cadre de nos recherches, chez *Connaissance des énergies* ni chez *GreenUnivers* (absence de trace trouvable, pas d’invention d’aliment médiatique).
4. Greenwashing / zones grises
D’abord, le basculement sanitaire (Covid-19) a surfé sur l’inquiétude aérosols : le marché des purificateurs a fortement accéléré début 2020–2021 — utile contextuel, mais génère aussi un mélange d’exigence scientifique et de marketing d’apaisement permanent. Ensuite, l’ionisation est scrutée : un rapport de l’ADEME sur l’*épuration de l’air intérieur par ionisation* a comparé scénarios, efficacité et efficacité énergétique : il sert de rappel réglementaire et méthodologique (mesures, protocoles) — pas de certificat marketing générique. Enfin, la géopolitique des débouchés (forte part de ventes asiatiques) expose la PME à des aléas de relation commerciale et de réputation (« made in France » vs chaînes d’approvisionnement et sous-traitance mentionnée en Aquitaine / Pays basque). Aucun rapport CSRD publiquement repéré pour cette taille d’entité (les obligations ciblent d’autres seuils) : l’emballage RSE repose donc sur le produit, pas sur une traçabilité extra-financière large accessible.
5. Positionnement stratégique
Teqoya tente de relocaliser le narratif du gadget vers l’équipement de bâtiment (ventilation, entrées d’air, purificateurs professionnels) avec un partenaire de rang européen — une voie de leverage commerciale nettement plus défendable que l’e-commerce seul. Le signal financier 2022–2024 (déficit puis retour bénéficiaire) traduit l’amortissement d’un cycle d’investissement et, peut-être, la stabilisation d’un BFR élevé (données agrégées) typique d’une PME en croissance d’infrastructure. Côté politique énergétique, l’enjeu n’est pas l’MWh compté comme en PPE, mais l’alignement bâtiment performant sur la prise de conscience santé-environnement (pollution de fond, IAQ) — thème où l’ADEME produit connaissances et références plutôt que de « promouvoir » une marque.
Verdict WattsElse
Teqoya a réussi l’entorse « hardware » d’un marché d’agrément vers un cœur de système aéraulique — pari risqué mais logique quand l’histoire s’écrit avec Aldes, la SOLIDEO et des brevets sur la façade. Tant qu’on ne confondra pas purificateur et politique carbone, la tension reste saine : dans l’air, le détail des particules tue le slogans — ici, le bon sens technique est déjà dans la fiche, pas seulement dans le catalogue.
Sources : pappers.fr · bodacc.fr · cahiers-techniques-batiment.fr · teqoya.com · teqoya.com · ecologie.gouv.fr · techniques-ingenieur.fr · leparisien.fr · hal.science · ademe.fr
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