Sommaire

A · Fondamentaux · Chapitre 2

Le diagramme h-x et les transformations

Le chapitre 1 a donné les formules de l'air humide. Celui-ci les dessine. Sur le diagramme h-x, un état d'air est un point, et chaque appareil d'une centrale (caisson de mélange, batterie, humidificateur) déplace ce point dans une direction qu'on connaît d'avance. On y lit un bilan d'un coup d'œil, et on y contrôle un calcul.

2.1 Deux coordonnées bien choisies

À pression donnée, deux grandeurs suffisent à fixer l'état de l'air humide. Le diagramme proposé par Richard Mollier en 1923 retient les deux grandeurs que conservent les bilans : la teneur en eau x et l'enthalpie h, toutes deux rapportées au kilogramme d'air sec. Ce choix a une conséquence décisive : un mélange, un apport de chaleur ou un apport d'eau s'écrivent comme des additions sur x et sur h. Sur un papier gradué en x et en h, ils deviennent donc des segments de droite.

Porter simplement x en abscisse et h en ordonnée donnerait un dessin inutilisable : le terme 2501 · x de l'enthalpie fait monter tous les points avec x, et les états courants se serreraient dans une bande étroite et oblique. Mollier incline donc les axes. On garde x en abscisse et on porte en ordonnée :

Y = h − 2501 · x kJ/kg, x en kg/kg

Cela revient à faire tourner l'axe des enthalpies jusqu'à ce que l'isotherme 0 °C soit horizontale. L'ordonnée ressemble alors à une échelle de température, et les lignes d'enthalpie constante deviennent des obliques. Un diagramme est tracé pour une pression : ici 1013,25 hPa, comme au chapitre 1.

2.2 Les familles de lignes

Teneur en eau x constante
Des verticales. Tout ce qui ne touche pas à l'eau de l'air, chauffer comme refroidir sans condenser, se déplace sur une verticale.
Enthalpie h constante
Les droites Y = h − 2501 x : parallèles entre elles, elles descendent vers la droite. Le long d'une isenthalpe, l'air ne reçoit ni ne cède d'énergie.
Température t constante
En remplaçant h par son expression, Y = t · (1,006 + 1,86 x). Ce sont des droites presque horizontales qui montent un peu avec x, d'autant plus que t est élevée : à 40 °C, Y passe de 40,24 à 41,73 kJ/kg entre x = 0 et 20 g/kg. Elles ne sont donc pas parallèles. Dans le plan (x, h), leur pente vaut 2501 + 1,86 t : 2482,4 kJ/kg à −10 °C, 2501,0 kJ/kg à 0 °C, 2538,2 kJ/kg à 20 °C et 2575,4 kJ/kg à 40 °C.
Humidité relative φ constante
Des courbes, obtenues en calculant pour chaque t la teneur x = 0,622 φ es(t) / (p − φ es(t)), où es est la pression de vapeur saturante du chapitre 1 : au-dessus de l'eau liquide à partir de 0 °C, au-dessus de la glace en dessous, convention de l'ASHRAE reprise dans tout le cours. La courbe φ = 100 % est la courbe de saturation. Elle part presque à la verticale aux basses températures puis se couche vers la droite, parce que es croît très vite avec t : elle coupe x = 20,02 g/kg à 25 °C et x = 27,12 g/kg à 30 °C. Sous 0 °C, c'est la saturation sur la glace : à −10 °C, elle coupe x = 1,60 g/kg, contre 1,77 g/kg sur l'eau surfondue. Sous cette courbe, en bas à droite, s'étend la zone de brouillard : l'air y porte plus d'eau qu'il n'en peut tenir en vapeur, et l'excédent est en gouttelettes ou en givre.

Le diagramme psychrométrique anglo-saxon, de type Carrier, porte t en abscisse et x en ordonnée, avec des isenthalpes obliques. Il contient les mêmes lignes et ressemble au diagramme de Mollier retourné autour d'une diagonale. Tout ce qui suit s'y applique tel quel.

2.3 Lire un état

Un état est l'intersection de deux lignes. Prenons l'air d'un bureau à 22 °C et 40 %, point d'intersection de l'isotherme 22 °C et de la courbe 40 %. En descendant à la verticale jusqu'à l'échelle du bas, on lit x = 6,54 g/kg. En suivant l'isenthalpe jusqu'au bord, on lit h = 38,8 kJ/kg. En descendant à x constant jusqu'à la saturation, on trouve l'isotherme 7,8 °C : c'est la température de rosée. En suivant l'isenthalpe jusqu'à la saturation, on tombe vers 13,8 °C, juste sous la température humide t* = 13,9 °C (chapitre 1) ; la section 2.7 explique pourquoi.

2.4 Le mélange de deux airs

Un caisson de mélange reçoit un débit d'air neuf qm,1 et un débit d'air repris qm,2, tous deux en kilogrammes d'air sec par seconde. Il n'apporte ni chaleur ni eau, et ses pertes par les parois sont négligeables. Trois bilans s'écrivent, pour l'air sec, pour l'eau et pour l'énergie :

qm = qm,1 + qm,2 xM = (qm,1 x1 + qm,2 x2) / qm hM = (qm,1 h1 + qm,2 h2) / qm

xM et hM sont la même moyenne pondérée de x et de h. Le point de mélange M est donc sur le segment qui joint les deux états, et il le partage en raison inverse des débits : c'est la règle du levier,

M1 / M2 = qm,2 / qm,1

Le point de mélange est plus près de l'air le plus abondant. Deux précautions. D'abord, les poids sont des masses d'air sec, pas des volumes : l'air froid est plus dense, et 30 % d'air neuf en volume à −5 °C font 32,2 % de la masse quand l'air repris est à 22 °C (exemple 2.9). Ensuite, la température du mélange n'est pas exactement la moyenne pondérée des températures, puisque les isothermes ne sont pas parallèles. Sur la figure, avec 30 % d'air neuf, le mélange est à 13,95 °C alors que la moyenne pondérée donne 13,90 °C : l'écart est négligeable en pratique, et il ne touche jamais x ni h.

Agissez sur la figure : ouvrir le volet d'air neuf ferme celui d'air repris, et la plume glisse sur la droite, de l'air repris vers l'air neuf. Le trait le plus marqué, de l'air repris au mélange, et le trait plus discret, du mélange à l'air neuf, sont les deux bras du levier.

Caisson de mélange

La droite de mélange peut traverser la zone de brouillard. Avec un air neuf à −10 °C et 90 % et un air repris à 22 °C et 60 %, tous les mélanges entre 54,6 % et 95,4 % d'air neuf (en masse) sont sursaturés. Le pire, vers 76 % d'air neuf, porte 0,329 g/kg d'eau en excès à −2,4 °C : du brouillard ou du givre sur le premier filtre. C'est une des raisons pour lesquelles on préchauffe l'air neuf dans les climats froids, ou pour lesquelles on vérifie le tracé avant de fixer la plage d'ouverture du volet d'air neuf.

2.5 Chauffage et refroidissement sec

Une batterie chaude n'ajoute pas d'eau : le point monte à la verticale, et la puissance vaut Φ = qm · (h2 − h1) avec Δh = (1,006 + 1,86 x) · Δt. À x = 9,40 g/kg, cela fait 1,0235 kJ/kg par kelvin. L'humidité relative baisse en chemin, comme on l'a vu au chapitre 1.

Une batterie froide dont toute la surface reste au-dessus de la température de rosée de l'air refroidit sans condenser : le point descend à la verticale. Un air à 26 °C et 45 % (x = 9,40 g/kg) a sa rosée à 13,1 °C. Une batterie dont la surface est à 14 °C peut l'amener à 16 °C : x ne change pas, φ monte à 83,2 % et l'air cède 10,2 kJ/kg. Dès qu'une partie de la surface passe sous 13,1 °C, l'eau y condense et la transformation quitte la verticale.

2.6 Refroidissement avec déshumidification

Au contact d'une surface de batterie plus froide que la rosée, l'air se sature à la température de la surface. Ce point S, sur la courbe de saturation, s'appelle le point de surface (en anglais apparatus dew point). On décrit alors la batterie comme si une fraction β de l'air la traversait sans rien toucher et le reste sortait à l'état S. L'air de sortie est le mélange des deux : il est sur le segment qui va de l'entrée E au point S, et c'est encore la règle du levier.

x2 = β x1 + (1 − β) xS h2 = β h1 + (1 − β) hS

β est le facteur de bipasse. Il dépend surtout du nombre de rangs, du pas des ailettes et de la vitesse de l'air ; il vaut typiquement de quelques centièmes à quelques dixièmes. Ce modèle suppose une surface à température uniforme, ce qu'aucune batterie réelle n'a. Il suffit pourtant à placer la sortie et à comprendre pourquoi l'air quitte une batterie froide sans être tout à fait saturé : son dimensionnement viendra au chapitre des batteries froides.

L'eau retirée, qm (x1 − x2), s'écoule au bac. Elle emporte un peu d'enthalpie, cw · teau par kilogramme avec cw = 4,19 kJ/(kg·K), ce qui ne change guère la puissance : Φ = qm (h1 − h2) − qm (x1 − x2) cw teau.

2.7 Humidification à l'eau et à la vapeur

Apporter une masse d'eau Δx par kilogramme d'air sec, d'enthalpie hw, augmente l'enthalpie de hw · Δx. La direction de la transformation est donc fixée par l'eau qu'on apporte, et par elle seule :

Δh / Δx = hw

Eau liquide (pulvérisation, média ruisselant) : hw = cw · teau ne vaut que quelques dizaines de kJ/kg. La transformation suit presque une isenthalpe : l'air se refroidit en se chargeant d'eau, parce que c'est sa propre chaleur qui évapore l'eau. On parle d'humidification adiabatique. Sa limite est le point où la droite atteint la saturation, la température de saturation adiabatique t*. Un air neuf à −5 °C et 80 %, préchauffé à 30 °C, garde x = 1,98 g/kg et tombe à φ = 7,6 %. Pour lui, t* = 12,6 °C, avec x = 9,08 g/kg à saturation, et l'eau recyclée à t* donne une pente de 52,9 kJ/kg. Un humidificateur qui parcourt 80 % du chemin en teneur en eau sort l'air à 16,1 °C, 7,66 g/kg et 67,7 % ; son enthalpie n'a monté que de 0,30 kJ/kg. Le cours prend t* comme température humide (chapitre 1). Un psychromètre aspiré lirait 12,8 °C pour cet air très sec. L'isenthalpe qui part de l'état s'arrête un peu sous t*, parce que l'eau à t* apporte quelques dixièmes de kJ/kg ; l'écart reste de l'ordre du dixième de kelvin, et c'est pourquoi on lit souvent la température humide en suivant l'isenthalpe.

Vapeur : avec le modèle du cours, la vapeur à 100 °C apporte hw = 2501 + 1,86 × 100 = 2687,0 kJ/kg. Les tables de vapeur donnent 2675,6 kJ/kg pour la vapeur saturée à 100 °C : l'écart de 0,4 % ne change guère le tracé. C'est presque la pente d'une isotherme, qui vaut 2538,2 kJ/kg à 20 °C : l'humidification à la vapeur est quasi isotherme. L'air gagne environ 0,15 K par g/kg de vapeur ajoutée, et toute l'énergie de vaporisation est payée par le générateur de vapeur, pas par l'air.

2.8 Le rapport Δh/Δx et l'échelle de bord

Toute transformation d'un état 1 vers un état 2 a une direction sur le diagramme, donnée par le rapport Δh/Δx = (h2 − h1) / (x2 − x1), en kJ par kilogramme d'eau. C'est une pente dans le plan (x, h), et elle ne dépend pas de la position du point. Le cadre du diagramme de Mollier porte une échelle de bord : des rayons issus d'un pôle (x = 0, t = 0), repérés par leur valeur de Δh/Δx là où ils sortent du cadre. Pour tracer une transformation de pente connue à partir d'un état, on prend la direction du rayon correspondant et on la reporte par une parallèle.

TransformationΔh/Δx (kJ/kg)
Chauffage, x constant+∞
Refroidissement sec, x constant−∞
Humidification à l'eau à 12,6 °C52,9
Isotherme 20 °C2538,2
Humidification à la vapeur à 100 °C2687,0
Batterie froide de l'exemple 2.106950
Local : 3,0 kW et 0,40 g/s d'eau7500

La dernière ligne est l'usage le plus courant. Un local reçoit une charge totale Φ (chaleur sensible et latente) et une charge en eau qm,w (occupants, plantes, process). L'air soufflé doit en ressortir à l'état du local : il se trouve donc sur la droite qui passe par l'état du local avec la pente Δh/Δx = Φ / qm,w. Avec 3,0 kW et 0,40 g/s d'eau, la pente vaut 7500 kJ/kg. Tous les soufflages possibles sont sur cette droite. Le débit d'air choisit ensuite le point.

2.9 Exemple : une centrale en hiver

Une centrale mélange 1 500 m³/h d'air neuf à −5 °C et 80 % avec 3 500 m³/h d'air repris à 22 °C et 40 %. Elle chauffe le mélange à 20 °C puis l'humidifie à la vapeur (100 °C) jusqu'à 6,0 g/kg.

  1. États d'entrée : air neuf x = 1,98 g/kg (φ rapportée à la glace), h = −0,10 kJ/kg ; air repris x = 6,54 g/kg, h = 38,8 kJ/kg.
  2. Débits d'air sec : ρa = 1,3122 kg/m³ pour l'air neuf et 1,1835 kg/m³ pour l'air repris. qm,1 = 1 500 × 1,3122 / 3 600 = 0,547 kg/s, qm,2 = 3 500 × 1,1835 / 3 600 = 1,151 kg/s, soit 1,697 kg/s au total. L'air neuf fait 30 % du volume et 32,2 % de la masse.
  3. Mélange : xM = 5,07 g/kg, hM = 26,2 kJ/kg, d'où tM = 13,4 °C et φ = 53,6 %. La moyenne des températures pondérée par les masses donnerait 13,3 °C.
  4. Batterie chaude jusqu'à 20 °C, à x constant : h = 33,0 kJ/kg, Δh = 6,75 kJ/kg, Φ = 1,697 × 6,75 = 11,5 kW. L'humidité relative tombe à 35,1 %.
  5. Vapeur : Δx = 6,0 − 5,07 = 0,93 g/kg, soit 1,697 × 0,000926 × 3 600 = 5,66 kg/h de vapeur. L'enthalpie passe à 35,5 kJ/kg, l'air à 20,1 °C et 41,2 %. La vapeur apporte 4,2 kW à l'air.

Sur le diagramme, le trajet est un segment de mélange, une verticale, puis un petit segment presque parallèle à l'isotherme 20 °C. Le contrôle visuel est immédiat : si le point final tombait sous l'isotherme 20 °C, on aurait pris la pente de l'eau liquide au lieu de celle de la vapeur.

2.10 Exemple : une batterie froide en été

Une batterie froide traite 4 000 m³/h d'air à 28 °C et 50 %. Sa surface est à 10 °C et son facteur de bipasse vaut 0,10.

  1. Entrée : x1 = 11,79 g/kg, h1 = 58,3 kJ/kg, rosée à 16,6 °C. La surface est plus froide que la rosée : l'eau condense.
  2. Point de surface S, saturé à 10 °C : xS = 7,62 g/kg, hS = 29,3 kJ/kg.
  3. Sortie : x2 = 0,10 × 11,79 + 0,90 × 7,62 = 8,04 g/kg et h2 = 32,2 kJ/kg, d'où t2 = 11,8 °C et φ2 = 93,5 %.
  4. Débit d'air sec : ρa = 1,150 kg/m³, qm = 4 000 × 1,150 / 3 600 = 1,278 kg/s.
  5. Condensat : 1,278 × (11,79 − 8,04) / 1 000 × 3 600 = 17,3 kg/h.
  6. Puissance côté air : 1,278 × (58,3 − 32,2) = 33,4 kW. L'eau évacuée à 10 °C emporte 0,20 kW, et la batterie fournit 33,2 kW de froid. En passant par le point (28 °C ; 8,04 g/kg), on sépare 21,1 kW de sensible et 12,3 kW de latent.

La transformation a une pente de 6950 kJ/kg. Avec β = 0,05, l'air sortirait à 10,9 °C et 7,83 g/kg ; avec β = 0,20, à 13,6 °C et 8,45 g/kg. Le facteur de bipasse déplace la sortie le long de la même droite E–S.

À retenir

  • Le diagramme h-x porte x en abscisse et h sur des axes obliques ; les isothermes sont presque horizontales et pas tout à fait parallèles.
  • Mélange, chauffage, humidification sont des additions sur x et h, donc des segments de droite.
  • Le point de mélange partage la droite en raison inverse des débits d'air sec : c'est la règle du levier.
  • Chauffer ou refroidir sans condenser : verticale. Humidifier à l'eau : presque une isenthalpe. À la vapeur : presque une isotherme.
  • Sous la rosée, la batterie froide tire l'air vers son point de surface ; le facteur de bipasse le place sur ce segment.
  • Le rapport Δh/Δx donne la direction d'une transformation ; l'échelle de bord permet de la tracer.

Sources publiques : R. Mollier, « Ein neues Diagramm für Dampfluftgemische », Zeitschrift des VDI 67 (1923), pour le principe du diagramme à axes obliques ; OMM, Guide des instruments et des méthodes d'observation (OMM-n° 8), pour la formule de Magnus sur l'eau et sur la glace et l'équation du psychromètre ; ASHRAE, Handbook, Fundamentals, chapitre « Psychrometrics », pour la saturation sur la glace sous 0 °C, la température de saturation adiabatique, et W. H. Carrier et al., Modern Air Conditioning, Heating and Ventilating, pour les bilans des transformations et la notion de facteur de bipasse ; capacités thermiques et chaleur de vaporisation usuelles. Tous les nombres de ce chapitre sont calculés par le modèle du cours.

Fiche de révision

Chapitre 2 · Le diagramme h-x et les transformations

Fiche de révision · un état d'air est un point ; chaque appareil d'une centrale le déplace dans une direction connue d'avance.

L'essentiel en 5 lignes

  • Le diagramme de Mollier porte x en abscisse et, en ordonnée oblique, Y = h − r₀ · x : l'isotherme 0 °C est horizontale, les autres presque, sans être parallèles.
  • Mélange, chauffage et humidification sont des additions sur x et sur h, donc des segments de droite ; le point de mélange partage la droite en raison inverse des débits d'air sec (règle du levier).
  • Chauffer ou refroidir sans condenser : verticale. Humidifier à l'eau : presque une isenthalpe. À la vapeur : presque une isotherme.
  • Sous la rosée, la batterie froide tire l'air vers son point de surface S, saturé ; le facteur de bipasse β place la sortie sur le segment E–S.
  • Le rapport Δh/Δx donne la direction d'une transformation, quelle que soit la position du point ; l'échelle de bord permet de la tracer. Pour un local, c'est Φ / qm,w.

Équations clés

  1. Y = h − r₀ · x

    ordonnée oblique du diagramme de Mollier ; une isotherme s'y écrit Y = t · (cpa + cpv · x).

    r₀ = 2 501 kJ/kg ; cpa = 1,006 kJ/(kg·K) ; cpv = 1,86 kJ/(kg·K) ; x en kg/kg d'air sec.

  2. xM = (qm,1 · x₁ + qm,2 · x₂) / qm ; hM = (qm,1 · h₁ + qm,2 · h₂) / qm

    mélange adiabatique : la même moyenne pondérée pour x et h, d'où la règle du levier M1 / M2 = qm,2 / qm,1.

    qm,1, qm,2 débits d'air sec (kg/s) ; qm = qm,1 + qm,2 ; x en kg/kg, h en kJ/kg d'air sec.

  3. x₂ = β · x₁ + (1 − β) · xS ; h₂ = β · h₁ + (1 − β) · hS

    batterie froide humide : une fraction β passe sans rien toucher, le reste sort saturé au point de surface.

    β facteur de bipasse, sans unité ; S point de surface, saturé à la température de la surface.

  4. Δh / Δx = hw

    humidification : la pente est fixée par l'enthalpie de l'eau apportée, et par elle seule.

    hw = cw · teau pour l'eau liquide (cw = 4,19 kJ/(kg·K)) ; hw = r₀ + cpv · tv pour la vapeur (kJ/kg d'eau).

  5. Φ = qm · (h₂ − h₁)

    puissance d'une batterie ; sans condensation, Δh = (cpa + cpv · x) · Δt.

    qm débit d'air sec (kg/s) ; h en kJ/kg ; Φ en kW.

Chiffres à retenir

Grandeur Valeur
Air à 22 °C et 40 % : x, h, rosée 6,54 g/kg · 38,8 kJ/kg · 7,8 °C
Pente d'une isotherme à 0 °C, à 20 °C 2 501,0 kJ/kg · 2 538,2 kJ/kg
Pente de la vapeur à 100 °C 2 687,0 kJ/kg
Exemple 2.9 : part massique de l'air neuf 32,2 %
Exemple 2.9 : mélange (t, x, h) 13,4 °C · 5,07 g/kg · 26,2 kJ/kg
Exemple 2.9 : batterie chaude jusqu'à 20 °C 11,5 kW
Exemple 2.9 : vapeur jusqu'à 6,0 g/kg 5,66 kg/h
Exemple 2.10 : sortie de batterie froide (t₂, x₂) 11,8 °C · 8,04 g/kg
Exemple 2.10 : condensat, puissance côté air 17,3 kg/h · 33,4 kW
Exemple 2.10 : pente de la transformation 6 950 kJ/kg

Questions

  1. Sur le diagramme, l'air d'un bureau est à 22 °C et 40 %. Que lit-on ?
  2. Exemple 2.9 : 1 500 m³/h d'air neuf à −5 °C et 80 % et 3 500 m³/h d'air repris à 22 °C et 40 %. Où tombe le mélange ?
  3. Le mélange est chauffé à 20 °C puis humidifié à la vapeur jusqu'à 6,0 g/kg. Que coûtent les deux étapes ?
  4. Exemple 2.10 : 4 000 m³/h d'air à 28 °C et 50 % traversent une batterie dont la surface est à 10 °C, β = 0,10. Où sort l'air, et combien d'eau condense ?

Pièges fréquents

  • Pondérer un mélange par les volumes : les poids sont des masses d'air sec. L'air neuf de l'exemple 2.9 fait 30 % du volume mais 32,2 % de la masse.
  • Tracer une humidification à la vapeur avec la pente de l'eau liquide : la vapeur à 100 °C apporte 2 687,0 kJ/kg d'eau, une pente proche de l'isotherme 20 °C (2 538,2 kJ/kg). Un point final sous l'isotherme 20 °C signale l'erreur.
  • Oublier la zone de brouillard : la droite de mélange d'un air neuf très froid et d'un air repris humide peut la traverser, d'où du givre sur le premier filtre. On préchauffe l'air neuf ou l'on vérifie le tracé avant de fixer la plage d'ouverture du volet.

Normes citées par le chapitre

  • OMM-n° 8 — guide des instruments de l'OMM : formule de Magnus sur l'eau et sur la glace, équation du psychromètre.
  • Fundamentals — ASHRAE Handbook, chapitre « Psychrometrics » : saturation sur la glace sous 0 °C, saturation adiabatique.

Pour aller plus loin

Réponses

  1. À la verticale, x = 6,54 g/kg ; sur l'isenthalpe, h = 38,8 kJ/kg. En descendant à x constant jusqu'à la saturation, on trouve la rosée, 7,8 °C ; en suivant l'isenthalpe, on tombe juste sous la température humide t* = 13,9 °C.
  2. Les débits d'air sec valent 0,547 kg/s et 1,151 kg/s. Le mélange est à 5,07 g/kg et 26,2 kJ/kg, soit 13,4 °C, plus près de l'air repris, le plus abondant.
  3. La batterie, à x constant, fournit 11,5 kW. L'humidificateur injecte 5,66 kg/h de vapeur, qui apporte 4,2 kW à l'air ; l'air finit à 20,1 °C : presque une isotherme.
  4. La surface est sous la rosée (16,6 °C) : l'eau condense. S est saturé à 10 °C (7,62 g/kg) ; la sortie est à 11,8 °C et 8,04 g/kg. Avec 1,278 kg/s d'air sec, il condense 17,3 kg/h.

Chiffres calculés par le modèle du cours, qui reprend le modèle d'air humide du chapitre 1 à 1 013,25 hPa ; les débits et états d'air sont ceux des exemples du chapitre.

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