Clemessy
Mulhouse ne « cartonne » pas qu’avec les textiles : Clemessy, fleuron industrialo-électrique du groupe Eiffage, enchaîne contrats d’envergure sur le parc nucléaire, l’hydrogène et le spatial.
À propos de Clemessy
1. Modèle économique
La société française EES – Clemessy (siège à Mulhouse, SIREN 945 752 137) est la marque historique sous laquelle l’intégrateur Eiffage Énergie Systèmes facture ingénierie, installation et maintenance de systèmes électriques, automatismes et procédés pour l’industrie lourde, le nucléaire civil et la défense/ spatial. Les comptes consolidés de l’entité juridique font état d’environ 739 M€ de chiffre d’affaires en 2024 (+10,7 %), d’un résultat net d’environ 25,9 M€ et d’un effectif d’environ 4 000 salariés, selon les agrégats issus du greffe repris sur Pappers. À l’échelle de la division Eiffage Énergie Systèmes, le groupe publie un rythme plus ample : 8,1 Md€ de CA en 2025 (+11,8 %), avec une marge opérationnelle courante portée à 6,2 % (résultats annuels 2025). Le modèle vit des grands programmes clients (EDF, grands industriels) et d’un carnier « Travaux » groupe à 30,8 Md€ au 30 septembre 2025, soit 17,8 mois d’activité de visibilité selon le communiqué de presse T3 2025 (PDF associé). En parallèle, Eiffage annonce fin 2025–début 2026 le renfort du pôle froid industriel via l’entrée d’une part majoritaire dans Quercy Réfrigération (66 M€ de CA en 2025, 160+ collaborateurs) (communiqué Eiffage).
2. Impact réel
Sur le climat, Clemessy n’est pas un « acteur énergie » au sens marketing : c’est un exécutant de systèmes dont la signature carbone nette dépend des usages finaux et du mix qui alimente les procédés. Deux fils se croisent publiquement : d’un côté des chantiers qui réduisent la intensité énergétique d’installations existantes — l’électrolyse membrane pour Kem One, présentée comme permettant −16 % d’électricité et −36 % de gaz sur la base des annonces du client et du groupe (dossier Kem One / Clemessy) ; de l’autre, des équipements de sûreté nucléaire à forte connotation « fossile d’appoint », comme les diesels d’ultime secours (DUS) dont la finalisation pour 36 tranches du parc français s’accompagne d’un maintien en conditions opérationnelles jusqu’en 2029 (communiqué DUS) — dans un contexte où la prolongation du nucléaire structure la programmation pluriannuelle de l’énergie et où le débat public sur le rôle du nucléaire reste posé par des synthèses de référence comme Connaissance des Énergies. Sur la maintenance post-exploitation de Fessenheim, Clemessy (mandataire d’un groupement avec Omexom et Endel) intervient sur les installations électriques de sûreté tant que le combustible est présent (article EES) : l’impact environnemental immédiat est celui du démantèlement ordonné, pas de la production d’électricité.
3. Innovations / partenariats
Le « cache Innovation » tient ici à la complexité technique plus qu’au discours start-up : 42 000 pouces soudés de tuyauteries (acier carbone, inox, nickel) sur les zones électrolyse et soude chez Kem One, calendrier 2023–2024 (communiqué Eiffage), livraison et MCO des DUS sur l’ensemble des paliers 900 et 1 450 MW (communiqué DUS), et des contrats de maintenance multi-sites pour ArianeGroup (Kourou / Vernon) listés parmi les références Clemessy (référence ArianeGroup). Côtier réseaux, les équipes EES apparaissent aussi sur des marchés d’interconnexion récents (ex. participation au projet Celtic Interconnector piloté par RTE/EirGrid) (annonce Nexans / EES).
4. Greenwashing / zones grises
Le groupe Eiffage, maison mère, affiche une trajectoire SBTi 1,5 °C avec −46 % sur les scopes 1 et 2 et −30 % sur le scope 3 amont *et* sur le scope 3 aval direct d’ici 2030 (page stratégie climat). Or, le rapport climat 2024 du groupe précise noir sur blanc que l’objectif de −30 % sur le scope 3 aval ne porte que sur le « scope 3 aval direct », qui représente 10 % du scope 3 aval (rapport climat Eiffage 2024, PDF) : une lecture comptable légitime, mais étroite, qui laisse hors périmètre une part massive des émissions liées à l’usage long des infrastructures livrées — là où un intégrateur industriel comme Clemessy pourrait voir son empreinte réelle disputée par des ONG ou des investisseurs exigeants. Opérationnellement, l’expertise DUS et la maintenance de sites chlor-alcali / spatial attestent en parallèle d’une exposition résiduelle aux combustibles fossiles et aux procédés intensifs, au-delà des narratifs « décarbonation » portés au niveau groupe (communiqué DUS).
5. Positionnement stratégique
Clemessy capitalise sur trois moats français rares : sûreté nucléaire, EPCM industriel et maillage territorial au sein d’Eiffage Énergie Systèmes en forte accélération de rentabilité (6,2 % en 2025, communication financière). L’acquisition Quercy densifie le froid industriel et l’efficacité énergétique côté clients agroalimentaires (communiqué Eiffage), pendant que les grands câbles sous-marins et l’électrification des mobilités lourdes offrent des relais « bas-carbone institutionnels » alignés sur la transition électrique européenne.
Verdict WattsElse
Clemessy est l’anti-start-up de la transition : des marges qui montent avec le nucléaire, l’hydrogène industriel et les infrastructures, pendant que la communication climat du groupe decoupe le scope 3 au millimètre comptable — puissance industrielle d’un côté, transparence carbone sujette à caution de l’autre.
Sources : pappers.fr · eiffageenergiasistemas.com · eiffage.com · eiffage.com · eiffage.com · eiffage.com · eiffage.com · ecologie.gouv.fr · connaissancedesenergies.org · eiffageenergiesystemes.com · fr.clemessy.com · eiffage.com · eiffage.com · eiffage.ch
Données clés
Identifiants publics
- SIREN
- 883706087
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