Le budget 2026 illustre un paradoxe devenu central dans la politique énergétique française : l’électricité décarbonée reste plus taxée que le gaz fossile, alors même que l’État affiche des objectifs ambitieux d’électrification et de transition écologique.
Certes, les accises évoluent : la taxe sur l’électricité baisse de 3,60 €/MWh tandis que celle sur le gaz augmente de 5,28 €/MWh. Mais ce rééquilibrage reste partiel. En valeur absolue, l’électricité demeure environ deux fois plus taxée que le gaz, perpétuant un signal-prix défavorable aux solutions pourtant les moins carbonées.
Dans le même temps, la fin de l’ARENH au 1er janvier 2026 marque la disparition d’un prix nucléaire stable à 42 €/MWh. Le mécanisme qui le remplace, le Versement Nucléaire Universel (VNU), ne protège les consommateurs qu’en cas de forte envolée des prix de marché. Pour 2026, ce « parapluie » restera fermé : aucune redistribution n’est attendue.
Enfin, la réduction nette de 490 millions d’euros des budgets dédiés à l’écologie et à l’énergie confirme une tendance lourde : la transition devient une variable d’ajustement budgétaire. Les aides à la rénovation sont maintenues, mais durcies et moins dotées, tandis que les signaux fiscaux restent contradictoires.
Résultat : on incite à électrifier les usages, tout en continuant à pénaliser fiscalement l’électricité. Un grand écart énergétique où l’énergie propre paie encore pour l’énergie fossile.
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