700 000 habitations rénovées : attention, le chauffage électrique reste une option risquée.
Malgré la reclassification de 700 000 logements, cette réforme, qui ne réduit pas la consommation réelle, aggrave le risque de délestage hivernal en reportant l'effort de rénovation énergétique.
Résumé de l'article
Depuis le 1er janvier 2026, une réforme du calcul du DPE, officialisée par l'arrêté du 26 août 2025, ajuste le coefficient de l'électricité à 1,9 (contre 2,3). Cette modification devrait permettre à 700 000 logements classés F ou G d'améliorer leur performance. Le mix électrique français, dont 65% est nucléaire, motive ce changement. Les industriels gaziers craignent toutefois une hausse de consommation et des risques de délestage.
Analyse Expert
La réforme du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE), effective depuis le 1er janvier 2026, modifie le coefficient de conversion de l'électricité de 2,3 à 1,9, alignant la France sur une valeur européenne. Cette révision devrait permettre à 700 000 à 850 000 logements, précédemment classés F ou G, de sortir du statut de passoire thermique, alors que le parc en comptait 4,8 millions en janvier 2023. Cette mesure intervient dans un contexte de forte pression réglementaire, avec des interdictions de location progressives pour les logements les moins performants dès 2025 pour les G, et 2028 pour les F. Elle vise à mieux refléter le mix électrique français majoritairement décarboné, tout en cherchant à apaiser le marché locatif.
**Analyse Critique**
Si la reclassification de nombreux logements offre un répit aux propriétaires face aux obligations de rénovation et aux interdictions de louer, cette réforme est critiquée comme un "changement artificiel" qui ne réduit pas la consommation réelle d'énergie. L'Association négaWatt alerte sur le risque de diriger les ménages vers des chauffages électriques moins performants et coûteux à l'usage, plutôt que vers une amélioration thermique profonde. En ne diminuant pas la consommation réelle, cette modification aggrave potentiellement les risques de délestage et de tension sur le réseau électrique en hiver, une menace jugée "à peu près certaine" par certains experts. Elle pourrait ainsi freiner l'atteinte des objectifs européens de réduction de la consommation énergétique et de rénovation des bâtiments les moins performants d'ici 2030.
Sources de l'analyse
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